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Par Manon Chapelain
Publié aujourd’hui à 12h36, modifié à 12h50Article réservé aux abonnés
ReportageAprès une attaque qui a tué à deux soldats israéliens, le 23 octobre, l’armée israélienne a bouclé plusieurs secteurs de la ville de Cisjordanie occupée et procédé au déplacement forcé de plus de 2 000 Palestiniens.
C’est une figure respectée d’Hébron qui vacille puis s’effondre, dimanche 25 octobre, sous les coups de soldats israéliens déchaînés. Hijazi Shawar Al-Tamimi, notable de la première ville de Cisjordanie, cherchait à regagner sa maison, dans le quartier d’Al-Jilda, verrouillé par les forces israéliennes depuis deux jours. Le septuagénaire avait quitté sa boutique peu après le déjeuner, appuyé sur sa canne, prêt à se mesurer aux soldats.
« Je creuserai un tunnel pour retourner chez moi s’il le faut ! », clamait-il en franchissant une barricade improvisée par l’armée – quelques palettes de bois disposées au travers de la route. On le retrouve deux heures plus tard, suffocant sur son lit d’hôpital, la cheville prise dans un épais bandage, une perfusion gouttant au creux du bras. Expulsé de son domicile dans la nuit de vendredi à samedi, lors d’une vaste opération militaire lancée après la mort de deux soldats israéliens dans une attaque armée près d’Hébron, le vendredi 23 octobre, Hijazi Shawar Al-Tamimi, atteint de maladies chroniques, voulait récupérer ses médicaments.
Les images des caméras de surveillance le montrent seul, faisant face à une poignée de soldats. L’un d’eux le repousse, lui intime de partir, avant de lui asséner, selon son récit, « des coups de pied dans les jambes, dans la poitrine, les épaules et la tête ». « J’ai marché petit à petit jusqu’à parvenir à une zone habitée, se souvient-il. Ensuite, je me suis évanoui. Je ne sais pas comment je me suis retrouvé à l’hôpital. » Son thorax se soulève bruyamment. Il peine à respirer et avale ses mots, encore sous le choc.
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